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Pratique commerciale déloyale : définition et risques

Qu’est-ce qu’une pratique commerciale déloyale ? Définition, exemples, sanctions encourues et bonnes pratiques pour sécuriser vos communications et éviter les contrôles de la DGCCRF.

Une notion au cœur du droit de la consommation

Promotions agressives, allégations imprécises, comparaisons contestables ou promesses exagérées : les entreprises sont aujourd’hui particulièrement exposées au risque de qualification de pratique commerciale déloyale.

Cette notion constitue l’un des piliers du droit de la consommation. Elle vise à garantir que le consommateur prend ses décisions d’achat en disposant d’une information loyale, claire et non trompeuse. Le sujet concerne aussi bien les PME que les grands groupes, notamment dans les secteurs agroalimentaire, cosmétique, pharmaceutique ou FMCG, où la communication produit joue un rôle essentiel.

De quoi parle-t-on exactement ?

L’article L. 121-1 du Code de la consommation dispose qu'une pratique commerciale est déloyale lorsqu'elle est contraire aux exigences de la diligence professionnelle et qu'elle altère ou est susceptible d'altérer de manière substantielle le comportement économique du consommateur moyen.

Deux grandes catégories sont visées :

  • les pratiques commerciales trompeuses ;

  • les pratiques commerciales agressives.

Une pratique peut être sanctionnée même si aucun consommateur n'a effectivement subi un préjudice. Le simple risque d'altération du comportement économique peut suffire.

Les pratiques commerciales trompeuses : le risque le plus fréquent

Les pratiques trompeuses sont définies notamment aux articles L. 121-2 à L. 121-4 du Code de la consommation.

Elles concernent les situations dans lesquelles une entreprise :

  • fournit des informations fausses ;

  • présente des informations exactes de manière à induire en erreur ;

  • omet des informations essentielles.

Exemple dans le secteur agroalimentaire

Une entreprise commercialise un produit en mettant en avant la mention « fabrication artisanale » alors que la production est entièrement industrialisée.

Même si le produit est conforme à la réglementation sanitaire, cette allégation peut être considérée comme trompeuse si elle influence la décision d'achat du consommateur.

Exemple dans le secteur cosmétique

Un fabricant revendique un effet « scientifiquement prouvé » sans disposer d'études suffisantes permettant d'étayer cette affirmation.

Le risque de contrôle par la DGCCRF est alors particulièrement élevé.

Les pratiques commerciales agressives

Les articles L. 121-6 et suivants du Code de la consommation visent les pratiques qui exercent une pression injustifiée sur le consommateur.

Il peut s'agir :

  • d'un harcèlement commercial ;

  • d'une sollicitation répétée ;

  • de techniques de vente créant un sentiment d'urgence artificiel ;

  • de menaces ou de pressions psychologiques.

L'objectif est d'éviter qu'un consommateur achète un produit ou un service sous l'effet d'une contrainte plutôt qu'à la suite d'un choix libre et éclairé.

Quelles sanctions en cas de pratique commerciale déloyale ?

Les conséquences peuvent être significatives.

Selon les circonstances, l'entreprise s'expose notamment à :

  • des enquêtes de la DGCCRF ;

  • des injonctions de mise en conformité ;

  • des sanctions administratives ;

  • des poursuites pénales ;

  • des actions judiciaires engagées par des consommateurs ou des associations.

Les pratiques commerciales trompeuses peuvent notamment faire l'objet de sanctions pénales prévues par le Code de la consommation.

Au-delà de l'aspect financier, le risque d'atteinte à la réputation constitue souvent la conséquence la plus dommageable, notamment lorsqu'une décision ou un contrôle est médiatisé.

Les points de vigilance pour les entreprises

La plupart des contentieux trouvent leur origine dans des communications marketing insuffisamment vérifiées.

Avant toute campagne, il est recommandé de contrôler :

La véracité des allégations

Toute affirmation relative aux qualités d'un produit doit pouvoir être justifiée.

Les mentions telles que « numéro 1 », « meilleur », etc. nécessitent souvent des preuves solides.

Les omissions d'information

Une information exacte peut néanmoins être trompeuse lorsqu'elle ne présente qu'une partie de la réalité.

Les conditions d'une offre promotionnelle, les limites d'une garantie ou les restrictions d'utilisation doivent être clairement indiquées.

Les allégations environnementales

Le développement du greenwashing a conduit les autorités à renforcer leurs contrôles.

Les entreprises doivent s'assurer que les arguments environnementaux reposent sur des données objectives, vérifiables et proportionnées.

Comment réduire concrètement le risque ?

Une démarche de conformité simple permet souvent d'éviter les difficultés.

Il est conseillé de :

  • mettre en place une validation juridique des supports marketing ;

  • conserver les éléments de preuve justifiant les allégations ;

  • former les équipes commerciales et marketing ;

  • réaliser des audits réguliers des communications diffusées ;

  • anticiper les exigences sectorielles applicables aux produits concernés.

Cette approche est particulièrement pertinente dans les secteurs réglementés où les allégations commerciales s'ajoutent à des obligations spécifiques de sécurité, d'étiquetage ou d'information.

Conclusion

La notion de pratique commerciale déloyale dépasse largement le simple mensonge publicitaire. Elle englobe l'ensemble des comportements susceptibles de fausser la décision du consommateur, que ce soit par une information trompeuse ou par une pression excessive.

Dans un contexte de contrôles renforcés et de multiplication des actions en matière de consommation, les entreprises ont intérêt à intégrer la conformité marketing dans leurs processus de validation. Une communication juridiquement sécurisée demeure souvent le meilleur moyen d'éviter les sanctions et de préserver la confiance des consommateurs.

FAQ

Qu'est-ce qu'une pratique commerciale déloyale ?

Il s'agit d'une pratique contraire à la diligence professionnelle qui est susceptible d'altérer le comportement économique du consommateur moyen.

Une publicité exagérée est-elle toujours interdite ?

Non. Une certaine exagération publicitaire est admise. En revanche, une allégation fausse ou susceptible d'induire en erreur peut être sanctionnée.

La DGCCRF peut-elle contrôler les contenus publiés sur internet ?

Oui. Les sites internet, réseaux sociaux, marketplaces et campagnes d'influence font régulièrement l'objet de contrôles.

Une omission d'information peut-elle être sanctionnée ?

Oui. Le fait de ne pas communiquer une information essentielle peut constituer une pratique commerciale trompeuse.

Les PME sont-elles concernées ?

Absolument. Les obligations du Code de la consommation s'appliquent indépendamment de la taille de l'entreprise.

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Tanguy Renault, avocat en droit économique et régulation

À propos de l'auteur

Tanguy Renault

Avocat au Barreau de Paris

J'accompagne les entreprises des secteurs Food, Pharma & Santé et FMCG dans la définition de leur stratégie commerciale.

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