5 min de lecture
PublicitéDistribution

Promotions commerciales : les règles à connaître

Prix de référence, réduction de prix, plafonnement des promotions alimentaires et produits de grande consommation : les règles essentielles pour sécuriser vos opérations promotionnelles.

Une promotion attractive peut rapidement devenir une pratique illicite

Dans un contexte de forte concurrence, les promotions constituent souvent un outil indispensable pour dynamiser les ventes, soutenir un lancement de produit ou écouler des stocks. Pourtant, une promotion apparemment anodine peut être requalifiée en pratique commerciale trompeuse si le prix de référence n'est pas correctement déterminé ou si les limites légales ne sont pas respectées.

Les secteurs de l'agroalimentaire, des produits d'hygiène, des cosmétiques et plus largement des produits de grande consommation (PGC) sont particulièrement exposés. Les équipes marketing souhaitent maximiser l'attractivité de l'offre tandis que les directions juridiques et réglementaires doivent veiller à la conformité de l'opération.

Le prix de référence : pierre angulaire des annonces de réduction de prix

Depuis l'entrée en vigueur de la transposition de la directive européenne dite « Omnibus », l'article L.112-1-1 du Code de la consommation impose une règle claire.

Toute annonce de réduction de prix doit faire référence au prix le plus bas pratiqué par le professionnel au cours des trente jours précédant l'application de la réduction.

Concrètement, une entreprise ne peut plus augmenter artificiellement un prix pendant quelques jours avant d'afficher une forte remise calculée sur ce prix majoré.

Cette obligation concerne notamment :

  • les prix barrés ;

  • les réductions exprimées en pourcentage ;

  • les offres mentionnant une économie chiffrée ;

  • certaines opérations promotionnelles diffusées en magasin ou en ligne.

Exemple : un fabricant de compléments alimentaires vend un produit à 29,90 € pendant plusieurs semaines. Si ce produit a été proposé à 24,90 € au cours des trente derniers jours, la promotion devra être calculée sur 24,90 € et non sur 29,90 €.

L'objectif est simple : lutter contre les faux rabais et garantir une information loyale du consommateur.

Les règles spécifiques applicables aux produits alimentaires

Pour les denrées alimentaires, le droit des promotions ne se limite pas au prix de référence.

Les dispositifs issus des lois Egalim ont instauré une limitation des avantages promotionnels afin de préserver la valeur des produits agricoles et agroalimentaires.

Aujourd'hui, les promotions sont plafonnées :

  • à 34 % en valeur ;

  • à 25 % en volume.

Ainsi, une enseigne ne peut pas proposer une réduction supérieure à 34 % du prix de vente au consommateur ni une augmentation gratuite de quantité dépassant l'équivalent de 25 % des volumes concernés.

Les célèbres opérations du type :

  • « 2 achetés + 1 offert » ;

  • « -50 % sur le second produit » ;

  • « 3 pour le prix de 2 » ;

doivent donc être analysées avec attention avant leur lancement.

L'extension aux produits de grande consommation

Le dispositif initialement réservé aux produits alimentaires a progressivement été élargi à d'autres catégories de produits de grande consommation.

Les produits de droguerie, parfumerie et hygiène (DPH), tels que les gels douche, lessives, shampoings ou couches, sont désormais concernés par un encadrement spécifique des promotions.

Pour les industriels FMCG, cela implique une coordination renforcée entre :

  • les équipes commerciales ;

  • les acheteurs de la grande distribution ;

  • les services juridiques ;

  • les services category management.

Une opération promotionnelle juridiquement non conforme peut entraîner le retrait de la campagne, un contrôle de la DGCCRF et des tensions commerciales avec les distributeurs.

Les erreurs les plus fréquemment constatées

Les contrôles montrent régulièrement plusieurs pratiques à risque.

Utiliser un prix de référence erroné

Il s'agit du risque le plus fréquent. Une mauvaise traçabilité des historiques de prix peut conduire à une promotion non conforme.

Multiplier les promotions successives

Des réductions prolongées pendant des périodes excessivement longues peuvent remettre en cause la notion même de réduction de prix.

Concevoir des mécaniques promotionnelles sans validation juridique

L'addition de plusieurs avantages (coupon, cagnottage, remise immédiate, offre de remboursement) peut conduire à dépasser les plafonds autorisés.

Négliger les supports digitaux

Les mêmes règles s'appliquent aux sites e-commerce, applications mobiles, marketplaces et catalogues numériques.

Comment sécuriser une campagne promotionnelle ?

Avant toute diffusion, il est recommandé de vérifier :

  1. l'historique réel des prix pratiqués ;

  2. le calcul du prix de référence sur trente jours ;

  3. la conformité des mentions publicitaires ;

  4. le respect des plafonds Egalim applicables ;

  5. la cohérence entre supports physiques et digitaux.

Pour les industriels agroalimentaires et FMCG, un audit promotionnel préalable permet souvent d'éviter des corrections coûteuses en cours de campagne.

Conclusion

Les promotions commerciales ne peuvent plus être envisagées comme un simple sujet marketing. Entre les exigences relatives au prix de référence et les limitations spécifiques issues des lois Egalim, leur conception nécessite une véritable analyse juridique préalable.

Pour les PME, directions juridiques et équipes marketing, l'enjeu consiste à trouver un équilibre entre attractivité commerciale et conformité réglementaire. Une promotion bien structurée demeure un outil puissant ; une promotion mal encadrée peut en revanche devenir une source de contentieux ou de contrôle administratif.

FAQ

Une réduction de prix doit-elle toujours mentionner un prix de référence ?

Oui. Lorsqu'il s'agit d'une annonce de réduction de prix, le professionnel doit en principe se référer au prix le plus bas pratiqué au cours des trente jours précédents.

Les règles s'appliquent-elles aux ventes en ligne ?

Oui. Les obligations relatives aux annonces de réduction de prix s'appliquent aussi bien aux commerces physiques qu'aux sites internet.

Peut-on proposer une remise de 50 % sur un produit alimentaire ?

En principe non, lorsque l'opération entre dans le champ de l'encadrement des promotions prévu par les dispositifs Egalim.

Les produits cosmétiques sont-ils concernés ?

Les cosmétiques vendus comme produits de grande consommation peuvent être soumis à l'encadrement des promotions applicable aux PGC selon les conditions prévues par les textes.

Quels sont les risques en cas de non-conformité ?

Les entreprises s'exposent notamment à des contrôles de la DGCCRF, à des sanctions administratives et à des accusations de pratiques commerciales trompeuses.

Partager cet article

Faites-en profiter votre réseau.

Tanguy Renault, avocat en droit économique et régulation

À propos de l'auteur

Tanguy Renault

Avocat au Barreau de Paris

J'accompagne les entreprises des secteurs Food, Pharma & Santé et FMCG dans la définition de leur stratégie commerciale.

Besoin d'un accompagnement personnalisé ?

Prenez contact

Premier entretien gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous