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Négociations commerciales

Loi UPSA : quel impact pour les PME en 2027 ?

La loi UPSA avance au 31 janvier 2027 la date butoir des négociations commerciales pour les fournisseurs réalisant moins de 350 M€ de chiffre d’affaires. Calendrier, entreprises concernées et conséquences pratiques pour les PME.

Négociations commerciales 2027 : les PME doivent accélérer

La loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, dite « loi UPSA », modifie plusieurs règles encadrant les négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs. Publiée au Journal officiel du 19 août 2026, elle est entrée en vigueur le 20 août 2026.

Pour les PME fournisseurs, la principale nouveauté est très concrète : les négociations commerciales devront se terminer un mois plus tôt.

L’article 54, II, de la loi instaure en effet, à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2029, une date butoir spécifique pour les fournisseurs personnes morales dont le chiffre d’affaires annuel mondial hors taxes du dernier exercice clos est inférieur à 350 millions d’euros. Pour eux, la date du 31 janvier remplace celle du 1er mars prévue par plusieurs dispositions du Code de commerce, notamment les articles L. 441-3, L. 441-4, L. 441-6 et L. 443-8.

Pour les négociations 2027, les entreprises concernées doivent donc avoir finalisé leurs conventions au plus tard le 31 janvier 2027.

Quelles PME sont concernées par la date du 31 janvier ?

Le critère retenu par le législateur ne correspond pas juridiquement à la définition habituelle d'une PME.

Le dispositif concerne les fournisseurs personnes morales dont le chiffre d’affaires annuel mondial HT est inférieur à 350 millions d’euros. Le chiffre d’affaires pris en compte est celui du dernier exercice clos.

Une vigilance particulière s’impose pour les sociétés appartenant à un groupe. Lorsque le fournisseur est inclus dans les comptes d’une ou plusieurs entreprises consolidantes ou combinantes, la loi impose de retenir le chiffre d’affaires annuel mondial HT le plus élevé ressortant de ces comptes consolidés ou combinés.

Une filiale réalisant elle-même 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ne relève donc pas nécessairement du calendrier anticipé si elle appartient à un groupe dépassant le seuil légal.

Autre point important : malgré l’intitulé agricole de la loi, cette modification du calendrier ne se limite pas aux produits alimentaires. Les dispositions visées par l’article 54 couvrent les différents régimes de conventions annuelles auxquels il renvoie.

Quel calendrier retenir pour les négociations commerciales 2027 ?

En pratique, deux calendriers coexistent désormais :

  • fournisseur sous le seuil de 350 M€ : convention conclue au plus tard le 31 janvier 2027 ;

  • fournisseur ne relevant pas du dispositif dérogatoire : maintien de la date butoir de droit commun au 1er mars 2027.

L’enjeu pour une PME est donc d’identifier son régime avant l’ouverture effective des négociations, et non au moment de finaliser la convention.

Pour les fournisseurs concernés, la négociation est mécaniquement comprimée. La loi adapte d’ailleurs certains délais en remplaçant expressément, pour ces entreprises, le délai de trois mois prévu par les articles L. 441-4 et L. 443-8 du Code de commerce par un délai de deux mois.

Quelles conséquences pratiques pour les PME fournisseurs ?

Le changement de calendrier impose d’abord une préparation plus précoce des négociations 2027.

Une PME doit notamment déterminer rapidement le chiffre d’affaires pertinent, y compris au niveau consolidé lorsqu’elle appartient à un groupe, identifier les conventions soumises à la nouvelle échéance et organiser son calendrier de négociation en conséquence.

Pour les catégories pour lesquelles les CGV doivent être communiquées deux mois avant la date butoir, notamment les produits relevant des régimes spécifiques concernés, l’avancement au 31 janvier conduit à une transmission au plus tard le 1er décembre.

Prenons l’exemple d’un fabricant de produits alimentaires réalisant 80 millions d’euros de chiffre d’affaires mondial et négociant avec plusieurs enseignes de la grande distribution. Son objectif ne peut plus être de faire converger ses négociations courant février : ses accords relevant du nouveau calendrier doivent être finalisés au 31 janvier 2027.

L’impact organisationnel est loin d’être neutre. Préparation du tarif, construction des contreparties commerciales, validation des conditions dérogatoires et circuits internes d’approbation doivent être anticipés afin d’éviter que la diminution de la fenêtre de négociation ne place le fournisseur en difficulté à l’approche de la date butoir.

Le bon réflexe avant les négociations 2027

Avant d’adresser ses documents commerciaux, chaque fournisseur a donc intérêt à effectuer un contrôle simple : sommes-nous sous ou au-dessus du seuil de 350 millions d’euros au sens précis de l’article 54 de la loi UPSA ?

Pour de nombreuses PME, cette vérification détermine désormais l’ensemble du rétroplanning de la négociation commerciale 2027.

FAQ

Quelle est la date butoir des négociations commerciales 2027 pour une PME ?

Lorsque le fournisseur personne morale réalise moins de 350 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel mondial HT au sens de l’article 54 de la loi UPSA, la convention concernée doit être conclue au plus tard le 31 janvier 2027.

Le seuil de 350 millions d’euros est-il apprécié au niveau de la société ?

Pas toujours. Si le fournisseur appartient à un périmètre de consolidation ou de combinaison, la loi prévoit de prendre en compte le chiffre d’affaires annuel mondial HT le plus élevé des comptes consolidés ou combinés concernés.

La date du 31 janvier concerne-t-elle uniquement l’alimentaire ?

Non. Le mécanisme prévu par l’article 54 renvoie notamment aux conventions régies par les articles L. 441-3, L. 441-4, L. 441-6 et L. 443-8 du Code de commerce.

Le nouveau calendrier est-il définitif ?

Non. L’article 54 prévoit cette mesure à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2029.

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Tanguy Renault, avocat en droit économique et régulation

À propos de l'auteur

Tanguy Renault

Avocat au Barreau de Paris

J'accompagne les entreprises des secteurs Food, Pharma & Santé et FMCG dans la définition de leur stratégie commerciale.

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