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Étiquetage alimentaire : les mentions obligatoires à connaître

Quelles mentions doivent figurer sur l’emballage d’un produit alimentaire ? Découvrez les exigences du règlement INCO, les risques de non-conformité et les bonnes pratiques pour sécuriser votre packaging.

Votre emballage est-il juridiquement conforme ?

Lorsqu’un produit alimentaire est mis sur le marché, l’étiquette constitue souvent la première source d’information du consommateur. C’est également l’un des premiers éléments vérifiés lors d’un contrôle de la DGCCRF.

Le règlement (UE) n° 1169/2011 relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires impose un ensemble d’informations obligatoires et prohibe toute présentation susceptible d’induire le consommateur en erreur.

Pour de nombreuses PME agroalimentaires, les difficultés apparaissent lors de la création du packaging, du lancement d’une nouvelle recette ou de la refonte d’une gamme existante.

Le cadre juridique applicable

En Europe, le texte de référence est le règlement (UE) n° 1169/2011 du 25 octobre 2011, communément appelé « règlement INCO ». Son objectif est d’assurer une information loyale, claire et compréhensible du consommateur.

L’article 7 du règlement interdit notamment les présentations trompeuses relatives à la nature, la composition, l’origine ou les caractéristiques du produit.

La DGCCRF rappelle régulièrement que l’étiquetage doit être exact, lisible et rédigé en français lorsque le produit est commercialisé en France.

Quelles sont les principales mentions obligatoires ?

Pour une denrée alimentaire préemballée, les informations suivantes doivent généralement figurer sur l’emballage :

1. La dénomination de la denrée

Il s’agit du nom légal ou usuel du produit.

Exemple : « Confiture extra de fraises » plutôt qu’une simple marque commerciale.

2. La liste des ingrédients

Les ingrédients doivent être indiqués par ordre décroissant de poids au moment de leur incorporation.

3. Les allergènes

Les substances allergènes visées à l’annexe II du règlement INCO doivent être clairement mises en évidence dans la liste des ingrédients.

4. La quantité de certains ingrédients (QUID)

Cette indication est obligatoire lorsqu’un ingrédient est mis en avant dans la dénomination, l’illustration ou la promotion du produit.

Exemple : une « pizza au jambon » doit préciser la proportion de jambon utilisée.

5. La quantité nette

Le poids ou le volume du produit doit être indiqué.

6. La date de consommation

Selon les cas :

  • Date limite de consommation (DLC) ;

  • Date de durabilité minimale (DDM).

7. Les conditions de conservation

Lorsque leur respect est nécessaire pour préserver la qualité ou la sécurité du produit.

8. L’identité de l’exploitant

Le nom ou la raison sociale et l’adresse de l’opérateur responsable doivent être mentionnés.

9. La déclaration nutritionnelle

Elle est obligatoire pour la grande majorité des produits préemballés.

10. L’origine lorsque celle-ci est requise

Certaines catégories de produits font l’objet d’obligations spécifiques concernant l’indication de l’origine ou de la provenance.

Le risque ne concerne pas seulement les mentions obligatoires

Une erreur fréquente consiste à considérer que la conformité se limite à la présence des informations obligatoires.

Or, même lorsque la liste des ingrédients est exacte, un packaging peut être trompeur si sa présentation générale induit le consommateur en erreur. La Cour de justice de l’Union européenne a rappelé que l’impression globale produite par l’emballage doit être prise en compte.

Exemple pratique : représenter visuellement un ingrédient absent ou fortement minoritaire dans la recette peut créer un risque juridique, même si la composition figure correctement dans la liste des ingrédients.

Quels sont les risques en cas de non-conformité ?

Les conséquences peuvent être significatives :

  • contrôle et injonctions de la DGCCRF ;

  • retrait ou rappel de produits ;

  • amendes administratives ou sanctions pénales selon les manquements constatés ;

  • actions de concurrents pour concurrence déloyale ;

  • atteinte à l’image de marque.

Dans certains cas, le coût de la destruction des emballages non conformes ou de la relabellisation peut excéder largement le coût d’un audit réglementaire préalable.

Comment sécuriser son packaging ?

Avant toute mise sur le marché, il est recommandé de vérifier :

  1. les mentions obligatoires applicables au produit ;

  2. la conformité des allégations nutritionnelles ou de santé ;

  3. la cohérence entre les visuels et la composition réelle ;

  4. la lisibilité des informations ;

  5. les éventuelles exigences sectorielles propres à la catégorie concernée.

Une revue juridique du packaging en amont permet généralement d’éviter des corrections coûteuses après commercialisation.

Conclusion

L’étiquetage alimentaire ne constitue pas une simple formalité administrative. Il s’agit d’un élément central de la conformité réglementaire et de la relation de confiance avec le consommateur. Pour les fabricants et distributeurs, la vigilance doit porter à la fois sur les mentions obligatoires imposées par le règlement INCO et sur la présentation globale du produit, afin d’éviter tout risque de pratique trompeuse ou de contrôle défavorable.

FAQ

Quelles sont les mentions obligatoires sur un emballage alimentaire ?

La dénomination du produit, la liste des ingrédients, les allergènes, la quantité nette, la date de consommation, les conditions de conservation, l’identité de l’exploitant et la déclaration nutritionnelle figurent parmi les principales mentions obligatoires.

Qui est responsable de la conformité de l’étiquetage ?

L’exploitant sous le nom duquel la denrée est commercialisée ou l’importateur lorsqu’il est établi hors de l’Union européenne.

Une liste d’ingrédients exacte suffit-elle à éviter tout risque ?

Non. La présentation globale du packaging ne doit pas induire le consommateur en erreur.

La DGCCRF contrôle-t-elle les emballages alimentaires ?

Oui. L’étiquetage figure parmi les sujets régulièrement contrôlés par la DGCCRF.

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Tanguy Renault, avocat en droit économique et régulation

À propos de l'auteur

Tanguy Renault

Avocat au Barreau de Paris

J'accompagne les entreprises des secteurs Food, Pharma & Santé et FMCG dans la définition de leur stratégie commerciale.

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